L'essayiste et Critique d'Art, Alexandre Castant
avait choisi pour la galerie Contrejour (Paris) les photographies de TIbo,
réalisées dans les coulisses de la mode russe, pour représenter la France
à la biennale de photographie internationale de Thessalonique.

Extraits :
"Tibo à photographié les nouveaux styliste de mode en Russie. 
Dans la vitalité de ce sujet histérique et décadent, l'image brouille et dénie sa propre immobilité"



"Après quatre petites heures d'un sommeil moite et sans rêve…" écrit Bret Easton Ellis dans American Psycho.
L'imparable réquisitoire contre une société qui ne communique qu'à coup de sueur froides.

Il y a ce type de nuances implacables dans les reportages de Tibo.
Alexandre Castant


Variété fixe, exposition organisée dans le cadre de la manifestation Photosynkyria, Institut Français de Thessalonique/AFAA Ministère des Affaires Étrangères, Musée Archéologique Yeni Tzami, Thessalonique, 9 février 1996 – 28 février 1996.
Photographies de Philippe Calandre, Thibault Dhermy (Tibo), Marc Donnadieu, Arnaud Feret, Florisa, Benoît Laffiché, Céline Larmet, Aymeric Vergnon-d’Alançon, Yannick Vigouroux. Curateur : A. C. Directeur de l’Institut Français : Jacques Soulillou.

Photographier, c’est aussi produire et diffuser. Instituer un « trafic » d’images où, immédiatement, le geste du photographe est inscrit dans un mouvement global, incontrôlé et irrécusable, qui est celui d’une planète où pêle-mêle, dans le tohu-bohu, se parle une langue cryptée, codée. Celle de l’hyper-consommation visuelle : circuit qui convoque la photographie, le cinéma, la télévision, la vidéo, les technologies... Dans des pratiques de masse, des activités sociales, des expériences individuelles du visible (de la télévision aux images publicitaires et à la consommation d’œuvres d’art ; des photomatons aux caméras de surveillance et aux jeux interactifs), s’organise une immense Tour de Babel de l’image… La photographie participe alors de cette vitesse symbolique, de cette production de masse que les artistes — depuis la stylisation warholienne de l’image démultipliable — prennent à bras le corps.

À l’expérience individuelle, ontologique, de la photographie dans sa nature de trace, un écart se laisse désigner. Il la relie à l’image, qui, en contrepoint, serait le plus petit dénominateur commun qui résulte de toutes ces activités productrices. La photographie ne se lit qu’avec les autres images. De ce point de vue, elle est assez proche du journal télévisé (surdosé de réel), ou des vidéos qui travaillent sur la présence sensorielle de leur support... L’image est dans le monde, elle en démasque la déshumanisation. Et accélère la marche du réel vers un oubli dont elle prend acte.

 


 

 

 


 

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