books | le hutteau |
dédicacé par tibo sur amazon.fr / autographed by tibo on amazon.fr
Martelle Editions | 2001 | 96 pages | ISBN 2 89870 076 6 |
le hutteau, portrait de chasseurs en baie de somme
Préface de l'auteur : «Il faut les voir creuser la mer, Poser blettes et appelants Avec une science instinctive. Il faut se coucher sur une fine couche de bois Sentir les mouvements de la mer et du sable Ceux de la lune, du vent et de la nuit. Il faut vivre une nuit le Hutteau Pour comprendre la chasse Comme une communion avec la vie. Et l'acte photographique devient un témoignage De cette expérience primitive du monde.» Tibo, Villers sur Authie.
Préface de Jean-Louis Soufflet, Président de l'Association Picarde Des Chasseurs de Gibier d'Eau :
La Baie de Somme, sa chasse, ses hommes… nombreux sont les artistes, les écrivains qui trouvèrent en ces lieux une véritable inspiration. Des vitraux d'Alfred Manessier, en passant par les ciels de Jean Baptiste Corot, à la réalité naturel d'Eugène Boudin, jusqu à la solitude si bien décrite de Chutt le Hutteux (Paul Vimereu), tous par leur sensibilité ont cherché à faire partager cet espace de vie, de liberté qu'aujourd'hui, encore, nous voulons préserver. Cet estuaire demeure, pour les sauvaginiers, une des dernières places où se pratique une chasse non seulement ancestrale mais surtout vraie : la toile et le cercueil. La rudesse de la pratique, l'acharnement de ces chasseurs envers leurs détracteurs pourraient en faire une curiosité. Mais ces hommes n'aiment pas qu'on les remarque qu'on les plaigne, que l'on parle d'eux. Ils préfèrent la discrétion de leur déplacement, le silence de leur affût, et l'invisibilité de la nuit, mais aussi le mutisme de ceux qui savent. Au-delà de l'aspect cueillette, ils sont d'authentiques contemplatifs d'une nature qui change au gré des heures et des saisons. Parfois seuls dans leur hutteau ils viennent se ressourcer loin des agressions de la modernité. Ces hommes savent sentir, écouter, parler aux oiseaux. Leur prélèvement pour modeste qu'il soit, n'est pas la première de leur récompense. Là, parmi les sables, les rieux, les bâches ils réapprennent ce que la civilisation tente gommer : leurs racines. Pour les fréquenter au quotidien, il aura fallu à Tibo beaucoup de patience, de sagesse, pour pouvoir traduire avec sa sensibilité les aspects cachés de ses hommes. Dans cette chasse l'ombre, la nuance, les différences ne pouvaient pas être traitées par l'exubérance de la couleur. Le Noir, le Blanc les gris au delà clichés "familiaux" permettent d'approcher la profondeur cachée de ses hommes rudes au froid, à la fatigue mais fiers de leur activité cynégétique et de leur environnement. Puisse cet ouvrage ne pas être un testament des dernières pratiques de chasse naturelle. Car hélas, par leurs agressions répétées, les eurocrates tentent de laminer cette merveilleuse activité. Le Monde que nous laisserons à nos enfants ne doit pas être bâti sur une standardisation des comportements, des émotions et des activités. Ces hommes du "huttage" revendiquent une Europe des Différences. Merci donc à Tibo d'être un témoin actif. Cet ouvrage en donnant une vision réelle et sans far d'une pratique traditionnelle, contribue aussi à rendre plus perceptible les sensations, les expressions, les craintes de ses derniers hommes qui vivent la Nature au quotidien au travers de leur silence et de leur passion. Jean Louis SOUFFLET